Faire lieu, faire lien : un parc productif à Saint-Fons

En répondant à l’Appel des 30 ! organisé par la Mission Vallée de la Chimie (Lyon Métropole), le Collectif Pourquoi Pas ?! et moi-même nous proposons d’intervenir à Saint-Fons sur une friche communale.

Depuis le site, vue sur la Vallée du Rhône et son cortège pétrochimique – Novembre 2019

Aujourd’hui, pour le grand public, la Vallée de la Chimie lyonnaise n’existe pas comme paysage en tant que tel. Un paysage industriel est-il un paysage, au sens de destination digne d’admiration ? Spontanément non. Mais sur ce point, les mentalités évoluent, et déjà les artistes, souvent précurseurs en matière de regard sur le monde, parlent «d’une esthétique du paysage industriel».

Ville habitée, vallée industrieuse… ces mondes, rien pour l’heure ne les relie. Rien ? Si : un paysage linéaire de balmes, un coteau boisé en attente. Reconnecter les habitants à leur lieu de vie, inclure les salariés des entreprises pétrochimiques dans un projet de territoire : telle est notre ambition. La friche de l’ancienne « école ouverte » du Plateau des Clochettes à Saint-Fons accueillera bientôt des chantiers participatifs et animations in situ visant à préfigurer le Parc.

Pourrons-nous déclencher une forme nouvelle de tourisme industriel, et changer le regard des curieux sur un risque, somme toute réel ? Parviendrons-nous à faire du site un laboratoire social et permacole novateur ? L’avenir le dira. Animé par notre collectif, entouré par des citoyens bénévoles, soutenu par des associations locales, ce projet de territoire pourrait renforcer le lien social tout en transformant 30 000m² de friche selon les besoins et les opportunités. A suivre !

Un potager urbain dans le Vieux Lyon

Depuis février 2017, des bénévoles s’activent sur les pentes du Vieux Lyon. Leur objectif : transformer deux terrasses enfrichées, récemment rachetées à la Ville en potager permacole.

Défrichage de la Terrasse Haute – Octobre 2018

La motivation est au rendez-vous. Au fil de « WE chantier », poussés par un désir de contact renouvelé à la nature, le site hostile devient bientôt un espace jardiné. La Terrasse Basse est aménagée pour la culture des plantes potagères, selon les principes de la permaculture. La Terrasse Haute, quand à elle, accueillera bientôt une forêt fruitière.

Réalisation de buttes permacoles – octobre 2018

Plus qu’une simple technique, la permaculture est ici vécue dans toute ses dimensions : favoriser sur un même lieu la cohabitation d’espèces végétales différentes, mais aussi celles de personnalités bien humaines issues de multiples horizons socio-culturels. L’apprentissage d’une vie partagée au rythme des transformations spatiales façonne le groupe hétérogène et fluctuant des bénévoles. Le lien à la terre apaise et ressource, le printemps vient déployer ce qui germait, faire fleurir les arbres plantés durant l’hiver… La petite serre en fenêtres récupérées sur le lieu fait doucement lever les plants qui bientôt donneront du fruit.

Broyage et dessouchage de la Terrasse Haute – Décembre 2018
Nivellement et cheminement sur la Terrasse Haute – Février 2019

Ici, rien n’est perdu. Toutes les ressources du site sont ré-employées, parfois détournées, toujours utilisées. Les arbres et hautes herbes arrachées lors du défrichage sont broyées, et servent désormais de paillage sur les buttes et massifs. Nos déchets organiques, régulièrement apportés, se compostent doucement pour devenir une terre fertile qui nourrira nos plantes. Un voisin fourni des palettes, qui bientôt serviront à construire une terrasse conviviale sur la Terrasse Haute. Les bordures des massifs et le muret de soutènement du chemin sont issus des pierres extraites lors du nivellement. Les bambous secs se font tuteurs, hôtel à insectes, treille, structure artistique…

Récupération du bois de palette et mini-serre sur la Terrasse Haute – Avril 2019
Réalisation des bordures en palettes sur la Terrasse Basse – Mai 2019

Les saisons rythment l’enchaînement des actions. L’hiver fut propice à la réflexion et la structuration (défrichage, dessouchage, broyage, puis dessin et balisage, nivellement, terrassement et plantation des fruitiers), l’arrivée du printemps oblige à avancer avec plus de finesse, en accompagnant le vivant qui poins. Les aromatiques et les vignes héritées de la saison 2017 se portent bien. Les récentes expérimentations nous instruisent autant par leurs réussites (pommes de terre, salades) que par leurs échecs (épinards, patates douces). Il y a encore tant à construire ! Mais quel bonheur de savoir que nous participons à améliorer le monde… Soyons patients : le changement se fera progressivement, à mesure que nous apprendrons à relier la terre et les hommes.

Paillage des massifs après finalisation des bordures sur la Terrasse Basse – Mai 2019

N’hésitez pas à venir jardiner avec nous, une heure, un jour, ou simplement venir pour visiter et partager un repas. Vous êtes les bienvenus !

Bâtir l’Eco-cité

Le 3 octobre 2018 a eu lieu la Journée des Assises Laudato Si organisée par la Direction de l’enseignement privé : une grande journée de rencontre, de formation et d’ateliers autour de l’écologie intégrale.

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Le projet Eco-cité, réalisé en partenariat avec trois établissements a pu être exposé ! Depuis avril dernier, des collégiens et lycéens ont construit en cours d’arts plastiques les maquettes d’éco-quartiers destinés a être réunis pour cette journée.

Les matériaux: des emballages récupérés ! Le déchet devient ressource, et notre créativité nous permet d’inventer la ville de demain.

Merci à tous pour cette belle collaboration. Et voici un retour en images :

Passage à la radio RCF pour présenter le projet

Exposition : Portrait d’un paysage par ses habitants

Le 06 juin 2018, lors de l’inauguration des Ateliers Médicis à Clichy-sous-bois (93), a eu lieu le vernissage de l’oeuvre réalisée à l’école Louis Pergaud.

Cette oeuvre est le fruit de 6 mois de résidence Création en cours en milieu scolaire avec les CE2, CM1 et CM2 de Cussac-sur-Loire (43). La résidence est encadrée par les Ateliers Médicis, avec le soutien des ministères de la Culture, de l’Education et de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes.

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L’installation de 2 mètres carrés représente un portrait du paysage de Cussac-sur-Loire par ses habitants : les élèves de l’école. Chaque élève a dessiné sa maison, ainsi que la vue depuis sa maison. J’ai moi-même fait le portrait des 44 élèves à l’encre noire. Tous les triptyques sont reliés au point de géolocalisation correspondant à la maison de chacun sur une maquette en bois du territoire (échelle 1/2500).

Un deuxième vernissage a eu lieu le 28 juin à 16h30 au gymnase de l’Ecole de Cussac-sur-Loire. L’oeuvre sera visible jusqu’au 3 juillet, et continuera sa course dans d’autres lieux de Haute-Loire… à suivre, donc !

Ateliers participatifs à St Fargeol

D’avril à juin 2018, une collaboration avec l’Atelier de Paysage Claude Chazelle me permet d’intervenir avec d’autres paysagistes dans les Combrailles, à St Fargeol. Ce petit village de moins de 200 habitants, anciennement célèbre pour la culture du chanvre, souhaite revaloriser ses espaces publics et développer le tourisme en s’appuyant sur le paysage. Nous proposons une série d’ateliers participatifs – avec les élus et habitants – afin de mieux cerner leurs attentes, et connaitre les motifs emblématiques du paysage local.

  • Atelier 1 – avril 2018 : Durant une matinée, nous rencontrons les habitants de St-Fargeol à la Salle des Associations (mairie), et les invitons à évoquer la mémoire de leurs lieux de vie. De nombreux documents d’archives, ainsi que deux grandes cartes (le bourg, la commune) servent de support de discussion. Action phare: à l’aide de rubalise, nous traçons au sol l’emplacement des mares de rouissage disparues…

  • Atelier 2 – mai 2018 : Sur un après-midi, nous organisons une promenade autour de St-Fargeol avec les habitants afin de (re)découvrir les motifs  emblématiques du paysage de la commune. Nous partons donc, avec une vingtaine de personnes, sur les traces de la culture et de la transformation du chanvre, dont les anciennes mares et les moulins ruinés. Le soleil tape, nous finissons à cinq! La citronnade au Château restera un souvenir mémorable.

  • Atelier 3 – juin 2018 : Durant deux jours, nous recevons à la mairie des habitants volontaires, sur la base d’un questionnaire individuel afin d’en savoir plus sur les valeurs paysagères de la commune. L’objectif de ces entretiens est de parvenir à une connaissance plus fine des lieux et de connaître les besoins des habitants afin de proposer un projet au plus près des réalités vécues.

    Que de belles histoires à raconter sur le passé de la commune! Que de lieux à valoriser ! Le désir d’inventivité et de dynamisme est bien là. La phase diagnostique-esquisse a pu, dans la continuité, être présentée au Comité de pilotage puis en Conseil municipal… le projet peut commencer !

Eco-cité: et si l’enseignement privé lyonnais réinventait la ville?

 

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A quoi ressemblera Lyon dans 50 ans? Dans 100 ans? Dans un monde au tout bouge très vite et se généralisent les questions écologiques, trois sujets d’actualité lyonnaise ont retenu mon attention :

  • l’ANPU présente actuellement au musée Gadagne une exposition atypique intitulée « Lyon sur le divan« , mêlant équipement, transport, rêve et hygiène.
  • L’Enseignement privé lyonnais propose à ses établissements de vivre une Année Laudato Si en réponse à l’appel du pape François.
  • L’Ecole urbaine de Lyon organisait deux jours de réflexion sur l’Antropocène, pour repenser la ville avec les migrations, les risques climatiques, l’agriculture urbaine…

Choisie pour coordonner un projet d’installation artistique pour la journée Laudato Si, le 03 octobre 2018, ces inspirations urbaines seront les fondements de ma proposition : construire la maquette d’une éco-cité !

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Lyon au 1/1000ème, librairie Archipel, place des Terreaux (photo: Sandrillon in Lyon)

A bientôt pour la suite !

Construire l’avenir de St Fargeol

St Fargeol, petit village des Combrailles (03) cherche à valoriser ses espaces publics. Avec un collectif de jeunes paysagistes, sous l’œil bienveillant de Claude Chazelle, nous répondions en novembre à l’appel d’offre, impatient de proposer des solutions spatiales en milieu rural. Retenu, notre projet démarrera en avril par une série d’ateliers participatifs impliquant les habitants.

Le village de St Fargeol fut, dans les années 1900, célèbre pour ses cordes et ses draps réalisés en chanvre. La culture concurrentielle du coton et l’import de matières premières ont donné lieu un déclin de cette activité, causant la disparition par comblement des mares au centre du village. Ces mares servaient au rouissage des fibres de chanvre, procédé qui consistait à laisser tremper les fibres avant de pouvoir les travailler.

Depuis lors, le village voit sa vie décliner : fermeture des commerces, exode des jeunes générations… Mais cette ressource en espaces communs centraux ne pourrait-elle pas être le levier de nouvelles pratiques? Par notre projet, relèverons-nous le défi d’apporter au village un nouveau dynamisme?

A suivre !